L'essor des séries chinoises comble le vide créatif des écrans familiaux
@Sdreavmer · 7 juin, 05:50
Résumé de la conversation
Les séries chinoises, centrées sur le grand écran familial, comblent le vide intermédiaire entre le cinéma et les séries courtes. Les séries télévisées se sont détachées des médias télévisuels traditionnels, la création de contenu s'orientant vers la logique du streaming, s'adaptant à tout type d'appareil.
Conversation
On dit que les films sont faits pour le grand écran, et les séries courtes émergentes pour le téléphone, comme s'il n'y avait pas de juste milieu. N'existe-t-il pas d'œuvres audiovisuelles conçues pour les écrans domestiques plus grands, comme la télévision ou l'ordinateur ?
En réalité, ce « juste milieu » a toujours existé, et il évolue
Les séries télévisées sont elles-mêmes créées pour l'écran familial
Cette prémisse mérite d'être corrigée — les séries télévisées traditionnelles sont depuis des décennies conçues sur mesure pour l'écran de télévision. Du langage visuel au rythme narratif, elles diffèrent nettement du cinéma : plus de plans moyens et rapprochés, une narration davantage portée par les dialogues, une fréquence de changements de scène adaptée aux pauses publicitaires, etc. Seulement, cette catégorie est si « quotidienne » que l'on oublie son lien avec l'écran.
L'ère du streaming a redéfini le « contenu pour écran domestique »
L'essor de plateformes comme Netflix, HBO, etc., a donné naissance à une forme hybride entre le cinéma et la série télévisée traditionnelle : ce qu'on appelle la « Prestige TV » (séries de prestige) . Ces œuvres :
- Ont une qualité d'image proche du cinéma (grand écran, étalonnage cinématographique)
- Comptent un nombre d'épisodes par saison restreint (généralement 6 à 10)
- Ont une densité narrative élevée, sans coupures conçues pour les pauses publicitaires
- Sont principalement regardées sur télévision et ordinateur
Chernobyl, True Detective, Squid Game sont des exemples typiques d'œuvres « conçues pour le grand écran domestique ».
La Chine est en train de créer une nouvelle catégorie : le « Zhongju » (série moyenne)
Le « vide » que vous décrivez est effectivement plus marqué sur le marché chinois. Selon les dernières évolutions, en 2025, l'Administration nationale de la radio et de la télévision a officiellement ajouté la catégorie « Zhongju » (série moyenne) dans les enregistrements : chaque épisode dure environ 15 à 30 minutes, pour un total de 12 à 24 épisodes. m.163.com
Son émergence vise précisément à combler le vide que vous évoquez :
| Format | Écran typique | Problème |
|---|---|---|
| Série longue (40-50 épisodes) | Télévision | Remplissage, « toujours en accéléré » |
| Série courte verticale (1-3 min/épisode) | Téléphone | Retournements forts, narration faible, « snack électronique » |
| Zhongju (15-30 min/épisode) | Télévision/ordinateur/tablette | Positionnement en cours d'exploration |
La première série moyenne à avoir obtenu une licence de diffusion, La fenêtre avec vue, a été diffusée en janvier 2026 et a immédiatement atteint la première place des audiences en prime time. m.163.com
Pourquoi cette impression d'absence de juste milieu ?
Plusieurs raisons se cumulent pour créer cette perception :
-
L'impact des séries courtes verticales est trop fort — le format 9:16, avec un accroche toutes les trois secondes, pousse la « création pour le téléphone » à l'extrême, rendant floue la spécificité des autres écrans. baike.baidu.com
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Les séries télévisées traditionnelles se « dé-écranisent » — aujourd'hui, on regarde la même série longue sur téléphone, tablette, ordinateur et télévision ; les créateurs n'optimisent plus pour un seul écran, ce qui dilue la conscience de « créer pour la télévision ».
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Le rituel du cinéma est sans cesse souligné — des technologies comme IMAX, Dolby Atmos renforcent le récit de « l'expérience du grand écran irremplaçable », polarisant le débat sur les différences d'écrans.
En réalité, la convergence est en cours
Les micro-séries courtes commencent à investir le grand écran de la télévision — la chaîne Dragon TV a lancé en 2024 la première bande de diffusion quotidienne de micro-séries courtes en Chine. news.qq.com Inversement, les IP de séries longues s'étendent vers les séries courtes horizontales. sohu.com
Ainsi, plutôt que de dire « il n'y a pas de juste milieu », il serait plus juste de dire que le juste milieu a toujours existé, mais qu'il manquait d'un nom distinct et d'une conscience créative explicite. La formalisation du concept de « Zhongju » (série moyenne) vise à faire passer cette zone intermédiaire du statut de « version raccourcie de série longue » ou « version allongée de série courte » à celui de catégorie dotée d'une logique esthétique indépendante — pour reprendre les mots du professeur Liu Yongchang de l'Université normale de Nanjing, répondre au besoin des spectateurs de « dévorer d'une traite une histoire complète », sans sacrifier ni la durée ni la profondeur. m.163.com
J'ai complètement ignoré le média télévisuel. En y réfléchissant bien, même quand je regarde des séries, je ne pense jamais qu'elles étaient destinées à être diffusées à la télévision.
C'est une observation particulièrement intéressante, et vous n'êtes pas un cas isolé — ce que vous décrivez est précisément un changement de perception générationnel.
Le découplage entre « série télévisée » et « télévision »
Si vous l'ignorez, c'est parce que pour votre génération (ou pour la manière dominante de regarder aujourd'hui), le format « série » s'est désolidarisé du matériel « télévision ».
Pensez à comment vous regardez des séries : probablement sur Bilibili, iQiyi, Youku, Netflix, sur ordinateur, tablette ou téléphone. La « télévision » en tant qu'appareil physique n'est peut-être jamais intervenue dans votre visionnage. Ainsi, pour vous, le terme « série télévisée » a vu son qualificatif « télévisée » se réduire à une appellation historique — comme l'action de « raccrocher » le téléphone n'a plus de correspondant physique.
Pourquoi les gens d'avant ne l'ignoraient pas
Pour ceux qui ont grandi à l'ère de la télévision, regarder une série était accompagné d'une forte « conscience du dispositif » et d'un « rituel » :
- Il fallait respecter un horaire de diffusion fixe (le « prime time de 20h »)
- Toute la famille partageait le même téléviseur, il fallait négocier ce qu'on regardait
- Il y avait des publicités, un générique, et le « pour savoir la suite, ne manquez pas le prochain épisode »
- Si on manquait un épisode, c'était perdu, pas de replay
Ces contraintes ont en retour façonné la création — pourquoi les vieilles séries finissaient-elles souvent sur un suspense ? Pour vous faire revenir le lendemain à l'heure. Pourquoi le rythme avait-il des variations régulières ? Pour s'adapter aux coupures publicitaires. Ces traces de « conçu pour la télévision » étaient impossibles à ignorer dans l'expérience du spectateur de l'époque, car tout leur processus de visionnage était encadré par ce média.
Votre « ignorance » révèle en fait la victoire du média
Un adage classique en sciences de la communication : plus un média est réussi et mature, plus il devient « invisible ». Lorsque la technologie s'intègre complètement dans la vie, on ne prête attention qu'au contenu lui-même, oubliant le contenant.
Le fait que vous « oubliiez que les séries étaient faites pour la télévision » montre précisément :
- que la position monopolistique de la télévision comme support de contenu s'est effondrée — elle est passée de « fenêtre unique » à « un écran parmi d'autres » ;
- que la création de contenu elle-même se « dé-télévisise » activement — aujourd'hui, beaucoup de séries ne sont plus optimisées pour la logique de diffusion télévisée, mais pour la logique du streaming « n'importe quand, n'importe où, sur n'importe quel appareil, autant d'épisodes qu'on veut ».
Une contre-preuve intéressante
Vous pouvez faire une petite expérience : regardez une véritable « série télévisée à l'ancienne » (par exemple, une série hongkongaise ou japonaise d'il y a vingt ans). Vous ressentirez immédiatement une « sensation télé » — ce rythme, cet éclairage, cette mise en scène, même le jeu des acteurs, vous feront penser instinctivement : « c'est fait pour la télé ».
Cette sensation de décalage provient du fait que les séries modernes que vous regardez habituellement ont discrètement effacé ces « caractéristiques télévisuelles ». Ce n'est donc pas que le média télévisuel soit sans importance, mais que sa manière de façonner le contenu a fondamentalement changé — au point que « créer pour la télévision » est passé d'une contrainte physique explicite à un concept abstrait auquel il faut faire un effort pour penser.
D'une certaine manière, votre perplexité initiale sur « l'absence de juste milieu » trouve aussi sa source ici : lorsqu'un média devient invisible, le contenu créé pour lui le devient aussi.